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Histoire d'Avallon ( Aballo, Aballonem.)
ESTO NOBIS, DOMINE, TURRIS FORTITUDINIS
Soyez pour nous, Seigneur, une tour de force.
On fait généralement dériver ABALLO d’un mot celtique qui signifie "la pomme"
Ce site privilégié occupé dès l’époque préhistorique, a été transformé aux âges des métaux (protohistoire), en “éperon barré”. Cette première enceinte était sans doute composée de fossés, levées de terre, palissades, épieux, haies d'épines.
L'occupation se poursuit à l'époque gauloise. Au temps des Gaulois, Avallon, comme beaucoup de localités, n’était sans doute, à l’orée de la forêt morvandelle, qu’un refuge fortifié temporaire et non pas à proprement parler une ville.
Cette place se développe ensuite avec un “castrum” romain, proche de la voie d'Agrippa dont la rue de Lyon suit sensiblement le tracé. Des vestiges de ces périodes sont visibles au Musée de l'Avallonnais.
C'est avec les Romains, que le site a dû devenir le siège d’une population sédentaire, un poste militaire avec une garnison de vétérans, nantis d’une terre, qui veillaient à la sécurité de l’Empire le long de la voie romaine qui constituait une étape sur la via Agrippa menant de Lyon a Boulogne-sur-Mer. Chef-lieu d'un pagus durant le haut Moyen-Age. Il semble que la ville dépendait de la province d' Autun. L'Itinéraire d'Antonin parle d'Aballone , et dans la Table de Peutinger apparaît Aballo.
Le Morvan avallonnais a dû jouer un rôle attractif pour les riches familles romaines venues d'Autun : souces nombreuses immenses forêts, facilité d'accès... Les romains repoussant les populations gauloises construisirent un temple, un tribunal et un théâtre. Il a longtemps été une place-forte importante. On retrouve cinq siècles après les grandes invasions la dénomination d' Avallonem Castrum (camps fortifié de forme généralement carré à l’intérieur duquel les légions romaines campent à chacune des étapes de leurs batailles).
Le château fut construit sur l'emplacement de la ville antique, le temple est devenu un oratoire consacré à Notre-Dame ; le prétoire est resté l'endroit oùse rendait la justice. Le théâtre ne fut retrouvé qu'en 1765 : à cette occasion on retrouva des sièges antiques, six médailles, des sépultures, des armes, desdébris d'amphores selon Courtépée. Un musée établi dans la Tour de l'Horloge recueillit les principaux objets.
En 377, saint Martin de Tours évangélise la Gaule et passe par Avallon. Vient ensuite la période des invasions barbares (Sarrasinset Normands) qui causent d'importantes destructions.
Au VII° siècle, le moine Jonas mentionne un Cabalonem Castrum. Le sort du bourg est lié à celui de la Bourgogne : ou royaume indépendant ou réuni au royaume d'Austrasie (jusqu'au IX° siècle). En 806, Charlemagne, dans un capitulaire, fait don d'Avallon et de l'Auxois à son fils Louis le Débonnaire.
En 817, celui-ci le transmet à son fils Pépin.
En 931, le duc de Bourgogne, Gislebert, part en guerre contre Raoul, son beau-frère qui s'est emparé d'Avallon et l'a annexé au comté d'Auxerre.
En 1002, le roi Robert veut reprendre le duché de Bourgogne à Othon Guillaume : Avallon fut assiégé pendant trois mois
En 1005, le roi Robert le Pieux, fils d'Hugues Capet, assiège la ville qui résiste trois mois puis se rend. Il fait raser ses murailles. Repassant en 1022, il trouve la ville toujours en ruine et distribue des aumônes. En 1031, Henri 1er, fils de Robert le Pieux, devient roi de France ; il donne à son frère Robert la Bourgogne dont fait partie Avallon.
Durant la période de calme qui suit, la ville relève ses fortifications.
Les habitants, serfs, appartenaient à trois maîtres différents : le duc de Bourgogne, l'abbé de Saint-Martin, les chanoines de Saint-Lazare. Lors de la quatrième croisade, le duc de Bourgogne affranchit les habitants d'Avallon et leur octroya une charte de commune. Ensuite ce fut l'abbé qui en 1110 imita le duc. Par contre les chanoines ne cédèrent que beaucoup plus tard et sous la contrainte. Ils eurent le droit de nommer quatre échevins pour régir, gouverner, manier, administrer la ville et subvenir à ses affaires et négoces, celui de présenter au choix du roi un capitaine ou lieutenant pour leur défense, et, quand le Tiers-Etat fut admis aux Etats de Bourgogne, aux alentours du XIV° siècle, ils y envoyèrent deux députés.
La guerre de Cent ans, qui commence en Bourgogne vers 1350, apporte son lot de pillages et de destructions perpétrés par les “Grandes Compagnies“ et les “Tards Venus”, mercenaires vendus au plus offrant.
Au commencement du XV° siècle les tours et les remparts sont en ruines : ce qui permet à un chef de bandes nommé Fort-Epice, de garder la ville pendant huit mois en 1433. Il faut vingt ans à la ville pour se relever de cette épreuve. On construit une tour carrée au centre de la ville pour le guet : elle possède une horloge. Les rues se pavent et 17 nouvelles tours sont bâties.
Pendant 40 ans, la lutte se poursuit entre la Bourgogne et le royaume de France. La ville est occupée successivement par les deux partis.
En 1477, le duché de bourgogne est réuni au royaume de France. La ville connaît une période de calme. Louis XII en 1513 et François 1er en1521 traversent Avallon.
En 1543, la population a presque triplé. Mais les guerres de religion ne vont pas épargner la ville. Puis la Ligue, en 1590, cause de grands dommages. La foudre endommage aussi le grand clocher de Saint-Lazare et le petit clocher, respectivement en 1589 et 1595. Il faut ajouter à ce sombre tableau, la peste en 1531 et 1587.
La fin du XVI° siècle marque la quatrième et dernière période de reconstruction des fortifications. En 1590-1591 on érige les quatre bastions : l’éperon Gally, la porte Auxerroise, la tour Beurdelaine et la petite porte.
Le XVII° siècle est une période tranquille où la ville peut enfin se développer. Malheureusement plusieurs pestes ravagent la cité. En 1637, le Prince de Condé séjourne à Avallon et y reviendra plusieurs fois.
Devenues inutiles et obsolètes, les fortifications sont progressivement abandonnées.
Le XVIII° siècle est le temps des embellissements :
· 1713, l'hôpital est reconstruit (dotation du président Odebert)
· 1770, construction de l'Hôtel-de-Ville
· 1793, démolition de l'église de Saint-Julien
( Maquette de l'église st Julien qui se trouvait a l'emplacement du parking en face de la mairie depuis le XI° siécle et qui fut détruite en 1793. Quelques statues de cette église se trouvent aux musée de l'Avallonnais. )
Rappelons quelques traditions de la ville : le guetteur de nuit, criantl'heure et demandant de prier pour les trépassés, le fantôme de"carême-prenant" qui parcourait la ville en procession, la messe de Pâques fleurie où l'on faisait pleuvoir sur l'assistance des oublies et où on libérait des oiseaux au sein de la nef.
La fin du XVIII° sièclevoit la disparition des trois portes principales : La petite porte, la porte auxerroise Grande porte, et l’essor de la ville hors de ses anciens murs.
Au XX° siècle, les deux guerres même si elles ont laissé des cicatrices, n’on pas freiné l’expansion économique d’une ville qui a su très tôt mettre en valeur ses richesses touristiques.
Avec la participation des "Amis du vieil Avallon "
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